Gamer's Epicerie

Tout pour le gamer, à petit prix

Cordes sensibles

12 juin, 2009 Par: FatMat Catégorie: In bed with video games

blueberry

Si tout ce qui est rare devait être cher, alors Blueberry Garden vaudrait des millions ; mais il est à 5€ sur Steam. Et on continuera à vendre des COD1-2-3-4-5-6-7-8- 9-10-11-12-13-… à prix d’or. Le monde est mal foutu. Le jeu d’Erik Svedang a gagné le grand prix à l’Independant Game Festival en 2009. Le monde n’est pas si mal foutu. Et ça serait un crime de ne pas y jouer. Qu’est-ce qui fait que ce truc est magnifique ?

blueberry2

ça pousse …

Le sentiment d’ouverture. Blueberry Garden arrive à prendre à rebrousse-poil la Némésis du jeu indé : le phénomène des petits mondes corsetés. Comme si le sentiment de l’immensité et de l’émergence ne pouvait qu’être réservé aux très grosses productions. Blueberry c’est l’anti-Braid. Même jeu de plateforme, mais à la perfection glacée du second répond le sentiment d’aventure et de hasard du premier. Rarement un jeu donne autant l’impression que ses difficultés et obstacles peuvent être surmontés par autant de solutions différentes. Comme s’il y avait une infinité de solutions.

blueberry5

Tower of goo ?

Blueberry c’est l’inverse de cette passion combinatoire, optimiser, sauvegarder, agencer, qui fait le sel de tant de jeux vidéo. Rarement on aura le sentiment que les choses sont aussi ouvertes et qu’elles mènent leur vie. Blueberry fait ce que l’ordinaire du jeu vidéo ne sait pas faire. Ce que passage produisait comme prototype, le programme de Svedang l’accomplit comme jeu, avec son personnage tristoune à la Trondheim. Pas de sauvegarde, mais pas beaucoup de pression non plus, un jeu d’une seule traite qui fonctionne à l’émerveillement. Dans un monde qui bouge au sens propre, avec un temps qui s’écoule au sens propre.

blueberry3Alors, oui, bien sûr, c’est trop court. Il faut peut-être une heure au maximum pour « battre » le jeu, une heure encore pour le simple plaisir d’explorer. Le jardin de Blueberry laisse le joueur sur sa faim. Et s’il y avait d’autres mondes comme cela derrière. C’est un bijou de trois-quart d’heure. Un bijou, parce qu’il sait jouer sur d’autres cordes sensibles, parce qu’il montre peut-être ce que le jeu vidéo peut être.

6 commentaires à propos de “Cordes sensibles”


  1. Tagada dit :

    A éviter, le screenshot spoiler de fin, ca serait pas mal….

    1
  2. FatMat dit :

    Il n’y a pas grand chose à spoiler, mais bon je vais le changer …

    2
  3. Cortout dit :

    Bonne critique, j’y reconnais bien le jeu.

    3
  4. FatMat dit :

    Merci ; l’avis n’est apparemment pas partagé. Voir le post du dessus consacré à la « critique » de Gamekult.

    4
  5. Noctis dit :

    Ce que je vais dire n’est que mon avis personnel mais je pense qu’un test en soi doit tester le jeu et non pas le reste MAIS je suis d’accord sur le fait qu’ils aurait du quand même le souligner plus distinctement et le mettre en points forts.

    5
  6. FatMat dit :

    Le jeu me paraît sous-noté ; comparé par exemple à Plant vs Zombie de Popcap qui est tout simplement très mauvais et qui a obtenu un 8 ; ça c’est un premier débat : bien ou mal noté.

    Mais il y a deuxième phénomène : je pense que le type de « critiques » actuelles des jeux vidéo introduit des biais considérables dans le jugement ; pour s’en rendre, il suffit de regarder ce que ça donnerait – ce genre de critiques – appliqué au cinéma…

    6


Laisser une réponse